Où sont les jeunes ? Qui ne pensent plus qu’au fun…

Il paraît que nous, les jeunes, on préfère s’informer sur les réseaux sociaux. Pire, que l’on se rue sur des trucs nazes du style le projet d’un sex toy moulé sur le sexe de Justin Bieber en érection (véridique), en délaissant l’avis de Mélenchon sur la réédition prochaine de Mein Kampf (véridique itou). En gros, que notre truc c’est l’infotainment, ou l’info-divertissement en bon frouzien, au mépris de la véritable actu, intelligente, approfondie, nuancée, ou juste informative. C’est en tout cas la conclusion de la dernière étude « qualité des médias » du Forschungsinstitut Öffentlichkeit und Gesellschaft de l’Université de Zurich, plus connu sous le nom de fög pour les francophones et les gens qui privilégient les voyelles sur les consonnes.

L’humanité, et principalement sa jeunesse – donc potentiellement son futur, à moins d’une catastrophe nucléaire qui, selon toute évidence, ne saurait tarder – serait-elle en phase de déclin profond ? Sans doute, mais avant de tirer de hâtives conclusions, revenons un peu sur le titre de ladite étude. Il semblerait qu’elle portât sur la « qualité des médias ». Pas sur la qualité du lectorat.

Récemment, une vaste étude un peu similaire était opérée sur l’entier de la population suisse – ou plus exactement sur sa partie représentative, excluant les trop jeunes, les trop étrangers et les « faibles d’esprit » – pour juger la qualité, non plus des médias, mais des politiques. On a appelé ça les élections fédérales, c’était plus classe.

Fait amusant, les résultats sont proches de ceux de l’étude zurichoise : le bon peuple s’est abstenu de voter à hauteur de 51,6%. Pas de résultat précis concernant les jeunes en particulier, mais il paraîtrait qu’ils soient environ 70% à s’en foutre pas mal. Côté média, 74% des 16-29 ans ne lisent pas régulièrement de journaux papier, 61% ne regardent pas la télé et 47% n’écoutent pas la radio – toujours selon l’étude de Zurich

Alors certes, ça n’a a priori rien à voir, et un tel rapprochement est un poil tiré par les cheveux, voire vaguement inutile. Mais vous avouerez que le parallèle est récréatif – faut bien se mettre à la page de l’infotainment – et c’est assez rigolo de constater que la réaction de la part de ceux qui se prennent les stats en pleine tronche est également très proche : dans les deux cas, au lieu de changer quoi que ce soit, de se remettre en question, d’imaginer de nouvelles choses plus adaptées au monde réel, on continue comme on a toujours fait puisqu’on a toujours fait comme ça, mais en moins bien puisque c’était quand même mieux avant et qu’en plus on a moins de pognon. Dans les deux cas, on converge, on fusionne, on se ressemble de plus en plus tout en poussant la réflexion de moins en moins loin. Dans les deux cas, on continue à parler aux vieux en espérant qu’ils vivent encore quelques années, à déplorer le fait que les jeunes ne s’intéressent plus à rien et on laisse la porte ouverte aux esprits pervers qui ont bien capté qu’il y avait là un sacré bon marché à envahir, à coup de diverses menaces ou thématiques récurrentes pour les uns, et de godemichets en forme de Justin Bieber pour les autres. 

Ok, c’est un constat caricatural et exagéré. Pour de vrai, en politique comme chez les médias, la question se pose périodiquement : comment et où donc aller chercher ces sales gosses ? Comment réaliser pleinement et avec conviction sa mission civilisatrice, être un vecteur de culture et d’intérêt pour tout le monde, même en-dessous de 60 ans ? 

Eh bien figurez-vous qu’il paraît qu’une majorité de jeunes de 16 à 29 ans s’informe via les réseaux sociaux. C’est peut-être une piste…

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